La croix Maintenon
Cette grande croix tient son nom de Madame de Maintenon qui était la seconde épouse de Louis XIV, le grand monarque avait pour habitude de solliciter Madame de Maintenon pour les questions délicates;
« Nous voudrions savoir Madame ce qu’en pense votre solidité »
Madame de Maintenon bien sur, ne l’à jamais porté, le seul portrait ou on peut la voir avec une croix, elle porte une croix dévote sertie de diamant, puisque à cette époque les bijoux de cou sont plus rares la mode étant aux bijoux de corsage.
Dans le style du début du XVIIIème elle se compose d’une lourde et solide base d’argent composée de six coupelles sur lesquelles sont rivés six chatons d’or de formes coniques serti de rose, avec comme coulant un septième chaton rivé sur une croix de Saint André ce qui en fait une croix austère d'un volume moyen.
On peut voir ce modèle sur le tableau d’Antoine Raspal l’auto portrais avec les membres de sa famille ou l’atelier de couture.
Elle fût très vite démodée au profit de la croix Papillon, aussi elle fût remise au goût du jour dans la seconde moitié du 18ème siècle.
On ajouta en son centre un réseau de dentelle repercée ou son rivet de petits chatons d’argent. Un soleil ou un blason d’or ouvragé et ciselé, rehaussent le haut de la croix, dissimulant ainsi la bélière qui lui conféra alors plus de prestance et de volume.
Elle est la plus grande des croix provençales et celle qui nécessite le plus de travail lors de sa fabrication pour ce modèle on peut admirer un superbe spécimen du XVIIIème siècle au Musée Grobet Labadié à Marseille.
En ce qui concerne le coulant dans le style de la seconde moitié XVIIIème, il se compose toujours du septième chaton qui se retrouve au centre d’un rectangle d’argent, finement repercé dans un esprit floral, où l’on a fixé autour du chaton central 8 à 12 petits chatons.
Idéale pour porter avec les costumes provençaux et arlésiens de l’ancien régime, et jusqu’a l’époque Napoléon 3 en Arles ou elle se portait la, sans le coulant.
Cette croix se trouve aussi bien en Provence qu’en Belgique dans les Flandres et en Espagne comme quoi les modèles et les modes passaient bien les frontières bien avant notre Europe contemporaine.